25 août 2014

A la lueur de Bedjaia...



"Un coin perdu de Kabylie 
peut aussi être le cœur du monde"


Extrait du carnet de voyage 
25 août - Tizi Ouzou - 

A la lueur d'une bougie de Bedjaia

Je suis en Kabylie et l’aube du temps cogne à mes tempes,
j’entends le souffle amazigh et pourtant mon cœur est triste.
O yerbi écoute le vent de mon âme, il parcourt des déserts.
Dans l’aube de ce matin je cueille quelques frissons.
J’ai cru laisser mon cauchemar dormir dans ma maison
mais au matin, pourtant, tout est sale et gris.
Mes amis ne m’aiment plus et je ne ris plus de leurs déconvenues.

Je suis un arbre solitaire
Que frappent la pluie et la grêle
Cette éternelle maladie
je dois en faire un poème
Car l’amitié qui nous relie
Est chère à mon cœur de poussière

je suis fragile et solide
comme l’aube qui se lève
un voile de tendresse
se maquille de khôl
dans le regard  d’une kabyle
que le kif voile d’ivresse


A la lumière d’une bougie
à la lueur de bejaia
je prierai encore pour toi


je suis éternel et  éphémère
comme le soleil je rougeoie
je rougit de mon rôle
et vacille dans les plis
d’une falaise berbère
sans âge, sans loi

Je suis compacte et friable
Comme l’olivier je m’accroche
aux ravins vertigineux
de la gorge d’une femme
le désert se rapproche
dans le henni de ses cheveux


Si l’on m’arrose trop j’étouffe et me noie
Si les larmes du ciel se refusent à la terre
Je sèche je dessèche et meure
Dans cette solitude amère qui me broie

[...]

Je suis un arbre solitaire
Que frappent la pluie et la grêle
Cette éternelle maladie
je dois en faire un poème
Car l’amitié qui nous relie
Est chère à mon cœur de poussière

A la lumière d’une bougie
à la lueur de Bedjaia
je prierai encore pour toi,
pour toi,
mon ami.